La deuxième année de médecine, on y apprend quoi ?

Hormis tous les évènements, soirées, week-end d’intégration et j’en passe, oui, en deuxième année de médecine, on travaille (beaucoup moins qu’en PACES). Mais qu’est-ce qu’on y apprend, concrètement ?


Petit tour sur les différentes matières enseignées à Marseille :

  • ANATOMIE

cerveau

Cours magistraux : Pas beaucoup de cours d’anatomie cette année (5 cours, dont 1 annulé), c’était centré sur le système nerveux. On a vu différentes coupes du cerveau, les différentes structures, un petit peu leurs rôles. Ainsi qu’un cours pour appréhender les bases des coupes d’IRM.

 

 

TP : Nous avions des TP sur des… cadavres. Les corps donnés à la science ? Ils étaient là, ouverts sur une table à dissection, devant nous. Le but de ces différents TP, était d’observer et ensuite dessiner les structures/organes présentés. Ce qui était intéressant, c’était de voir « en vrai » ce que l’on a l’habitude de voir dans les livres. Les internes ou médecins qui animaient le TP, nous montraient quand c’était possible, comment reconnaitre visuellement une pathologie « Ah vous voyez ça là … ? Je pense que le patient avait une hépatite ». Ce qui était moins intéressant si je puis dire, c’est que les couleurs n’étaient pas du tout réelles (sans parler de l’odeur….). Les cadavres étaient conservés depuis plusieurs années dans du formol, ils étaient donc tout décolorés/jaunâtres/moisis certaines fois. Ça ne reflétait donc pas à 100% ce qui se passe actuellement à l’intérieur de nous, mais c’est très pédagogique. Certains étaient un peu choqués des fois, surtout lorsqu’on a eu le TP « tête et cou », le visage de la personne était comme déchiré, et remonté vers le haut, afin de voir les structures en dessous de la peau. Moi ça ne m’a pas gêné, j’étais juste impressionnée.

  • BMCTTM, en gros la pharmaco.

Petit module de pharmacologie. Je ne pourrais pas trop détailler cette partie là, mon ancien cursus fait que j’ai de bonnes bases en pharmacologie, je n’ai pas ouvert ces cours en P2. Il me semble (des souvenirs du partiel), qu’on apprend la pharmacocinétique plus en détail, avec des courbes etc, un peu de bon usage du médicament, et quelques bases de certaines classes médicamenteuses.

  • BMCP, bases moléculaires et cellulaires des pathologies.

1er semestre : Module difficile à décrire… Redouté de tous car l’épreuve est sous forme rédactionnelle, deux questions à répondre en détaillant le plus possible en 30 minutes. C’est un module où on revoit certaines choses de la PACES en plus poussé, comme la glycolyse, les protéines, canaux ioniques, expression génique etc.

2ème semestre : Rebelotte la BMCP, mais cette fois-ci c’est de la biologie cellulaire. On a des TP pour nous permettre de comprendre mieux certaines choses. L’examen est sous forme de description et compréhension de documents. Facile. Sauf quand on tombe sur l’année où on demande une notion écrite dans un seul cours, en tout petit…

  • BTIME, en gros 50% de la physique et 50% d’anatomo-pathologie.

Cours magistraux : Dans ce module on revoit certaines choses vues en PACES, comme le fonctionnement des IRM, des échographies, des radiologies, des scanners. C’est de la physique pure et dure. Je déteste ça. Ce module consacre aussi une partie à l’anatomo-pathologie, on découvre les cancers, on apprend un tout petit peu à les reconnaître sur des coupes histologiques lors des TP. Cette partie est beaucoup plus intéressante.

TP : Ils ont lieu au second semestre à l’inverse des cours magistraux, se déroulent sur ordinateur où l’on apprend à identifier des tissus sains et des tissus cancéreux/lésés. C’est très difficile car on n’a aucune base pour faire ce genre de choses, et que certaines fois, les médecins anatomo-pathologistes nous disaient « moi-même je ne sais pas ». Bon ok…

  • GÉNÉTIQUE MÉDICALE

genetique

Gros module de génétique, où on apprend de nombreuses maladies génétiques, leurs modes de transmissions. On apprend également à faire des arbres génétiques, des statistiques de « chances pour cet individu d’être atteint de la maladie portée par le gène X ». Une fois qu’on a compris comment faire, c’est un véritable plaisir de travailler la génétique. On revoit aussi les bases de la PCR etc.

  • MÉDECINE D’URGENCE, AFGSU.

Cours magistraux :Peu de cours, mais cours intéressants. On apprend à réagir face à des situations de détresses respiratoires, arrêts respiratoire, arrêts cardiaques… toutes les petites situations d’urgence que l’on peut rencontrer au quotidien.

TP :On met en pratique sur des mannequins ce qu’on a vu en cours. On a également appris à faire un accouchement inopiné. L’examen de TP peut rapport jusqu’à 8 points sur 20 à la note finale de l’examen.

La validation de la matière médecine d’urgence permet d’acquérir le diplôme d’AFGSU de niveau 1 (attestation de formation aux gestes et soins d’urgence), cool, je l’aurais en double !

  • SANTÉ, SOCIÉTÉ, HUMANITÉ.

Clairement : de l’éthique. Module très intéressant qui m’a donné envie de choisir l’UE masterisante « éthique » pour la D1 médecine.

  • SÉMIOLOGIE GÉNÉRALE.

Un module que j’ai clairement A-D-O-R-É. On apprend à faire des interrogatoires aux patients, à récolter les signes cliniques et physiques, la base de tout diagnostic médical.

  • TISSU SANGUIN ET SYSTÈME IMMUNITAIRE, les bases.

gr

 

On voit en long, en large, et en travers le tissu sanguin et l’immunologie dans l’aspect physiologique. Module très très dense, partiels sous forme de QCM assez compliqué. C’est un module très redouté. Pas mal de choses que je savais déjà grâce à mon ancien cursus, heureusement.

 

  • INFORMATIQUE

Des cours d’informatique sous forme de TP nous sont donnés par les étudiants en 3ème année de médecine. J’ai des facilités en informatique, et j’ai déjà eu des cours dans mon ancien cursus. J’ai eu 20/20 au partiel d’informatique, chouette !

  • LES UE LIBRE OU MASTERISANTE.

Possibilité de choisir entre une UE d’initiation à la recherche, permettant, si validation, de capitaliser des ECTS pour valider un M1 de recherche (il faut suivre l’UE pendant la P2 et la D1) ou une UE dite libre. Au première semestre, il s’agit d’une UE fourre-tout où l’on apprend quelques bases de psychologies, de la santé publique… On choisit notre UE en fonction du classement, sachant que chaque UE ne peut accueillir que 70% de la promo. Autant vous dire que tout le monde choisit l’UE initiation à la recherche, et que quand on est classé dans les derniers de la promo comme moi (passerelle oblige), on n’a pas d’autre choix que l’UE Libre. Un vrai supplice pour moi…

C’en est tout pour les matières du premier semestre, jetons un coup d’œil aux matières du deuxième semestre.


 

  • APPAREIL DIGESTIF.

057 Appareil digestif.jpgOuiiiii de la vraie médecine, enfin ! Physiologie et pathologie de l’appareil digestif sont étudiées, quelques cours d’anatomie aussi. C’est super intéressant. Cependant, j’ai trouvé les QCM des partiels très ambiguës, certaines fois les réponses n’étaient pas dans les cours, et ça m’a un peu « braqué » avec cette matière. Avec le recul je peux dire que c’était très intéressant, mais je ne serai pas hépato-gastro-entérologue.

 

  • REVÊTEMENT CUTANÉ.

De la dermatologie : physiologie et pathologie de la peau. Je ne pensais pas, mais j’ai beaucoup aimé ce module. Je ne serai pas dermatologue pour autant non plus.

  • NUTRITION.

Module redouté car examen rédactionnel. Il faut donc absolument tout connaître par cœur. Mes fiches bien complètes et détaillées m’ont beaucoup aidées. J’ai eu la chance de tomber sur un sujet assez simple, mais surtout que je maitrisais bien car je l’avais vu dans mon ancien cursus, et que j’ai eu un gros coup de cœur pour cette pathologie que j’ai adoré apprendre (le diabète). Selon la spécialité que je choisirai, si possible, j’aimerais être médecin nutritionniste. J’ai adoré.

  • AIH, de l’infectiologie.

HORRIBLE module. De l’infectiologie donc des virus, des bactéries, des parasites, des champignons… C’est un très très gros module, avec trop (beaucoup trop) d’informations à ingérer, c’est quasiment impossible de tout connaître et tout retenir. Heureusement que les annales se ressemblent énormément, cela permet de cibler les infos importantes. Certains ont validé la matière en apprenant seulement les réponses des QCM d’annales. Moi j’ai préféré faire des fiches, ça m’a pris du temps, mais ça me sera très utile pour l’externat.

  • BMCP, expliqué dans les matières du premier semestre.

 

  • ANGLAIS

Cours magistraux :Ce sont des cours où on revoit (apprend pour certains comme moi) la conjugaison, l’orthographe, la grammaire, les petits trucs spécifiques à l’anglais (phrasal verbs, l’utilisation du conditionnel etc), la prononciation, la phonétique. On apprend aussi beaucoup (encore une fois beaucoup trop à mon gout) de vocabulaire « médical ». Difficile de tout retenir. Difficile de mettre en application quand on n’a aucune base comme moi.

TP: le retour du… workbook! Non, ce n’est pas une blague. La prof nous distribue un workbook lors de la première séance. On fait des exercices dessus pendant les TP, et on a aussi des devoirs à faire chez nous. Dur ce retour à l’enfance. J’étais assez consciencieuse parce que la note de TP compte pour 50% de la note globale du module.

L’exposé/pièce de théâtre :Non encore une fois ce n’est pas une blague. Nous devons nous mettre par groupe de 4-5 pour mettre en œuvre un petit sketch en anglais autour d’un sujet que nous aurons choisi parmi différents thèmes proposés par la prof. Nous avons choisi l’avortement. On a beaucoup travaillé sur le sujet, et beaucoup travaillé pour inventer nos personnages, mettre en scène notre petit sketch, l’apprendre, le jouer. La prof était ravie de notre présentation, elle qui est très à cheval sur le vocabulaire et la prononciation, elle ne nous a fait que des éloges. Je pense qu’on a eu une excellente note. Et je pense que ça m’a sauvé des rattrapages.

  • UE Libre, encore et toujours…

Ce second semestre, l’UE libre c’est de la santé publique et de l’environnement (pollution…). Horrible. J’ai détesté, ça a été un vrai supplice…


La question fatidique : est-ce que j’allais en cours ? NON. Ça ne me servait pas à grand chose car les ronéos étaient très bien faits. Je n’ai eu aucun rattrapage, et j’ai eu une bonne moyenne. Je n’incite personne à ne pas aller en cours, mais je veux simplement dire que c’est personne-dépendant. Et que la méthode de travail de chacun est différente. Faites comme vous le sentez, comme vous réussissez le mieux.

Combien de temps je travaillais ? Environ 3-5h/jour, tous les jours de la semaine. Plus les cours s’accumulaient, plus je devais travailler le week-end et augmenter la cadence en semaine. Je pense qu’il suffit d’être à jour pour ne pas se sentir trop débordé en P2. J’ai bien profité de cette année !

 

Vous savez tout, voilà ce qu’on apprend en deuxième année de médecine (tout du moins, à Marseille). C’est une année chargée, où on doit ingérer pleins de nouvelles informations et pleins de nouvelles notions.

A tous ces cours et TP, s’ajoutent les stages. Je vous détaillerai tout ça dans un prochain article.

2 Replies to “La deuxième année de médecine, on y apprend quoi ?”

  1. Hello Melanie,

    Pourrais-tu nous faire un article sur ta méthode de travail durant ta P2 ? Merci

    1. Coucou 🙂
      J’ai déjà fait cet article 🙂

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