STAGE N°3 : GYNÉCOLOGIE-OBSTÉTRIQUE

Introduction de ce stage :

On enchaine avec le 3ème et dernier stage de la deuxième année de médecine : la gynécologie-obstétrique.

Remarque : cet article a été plus long que d’habitude à sortir pour 2 raisons : premièrement je ne voulais pas bâcler cet article car ce stage a été mon coup de cœur, secondement je me suis faite opérer récemment (je vous raconterai tout prochainement) et cela m’a beaucoup fatiguée, je m’en excuse.

Le dernier stage était donc un stage de chirurgie. C’est sans grande conviction que j’ai choisi la gynécologie obstétrique. Je n’étais pas non plus complètement déçue car les simulations sur mannequinsur le thème de la gynécologie m’avaient énormément plues à ma grande surprise et j’espérais retrouver beaucoup de gynécologie (plus que de chirurgie) dans ce stage. Je me suis dit au moment du choix « bon… comme ça j’aurai vu de la gynécologie au moins une fois dans ma vie et on n’en parle plus » : TU PARLES ! Ce stage a été mon gros coup de cœur, et actuellement, je rêve d’y retourner.

Nous étions six étudiants pour ce stage, ce qui semble beaucoup aux premiers abords. Seulement, les médecins se répartissaient les étudiants, ce qui fait qu’on n’a jamais été tous les six ensemble. On avait chacun un médecin « attitré » et on s’organisait avec celui-ci.

Pour ma part, je suis tombée sur une gynécologue obstétricienne absolument géniale, jeune et pédagogue. Elle m’a permis de choisir ce que je voulais voiren fonction de son planning. Dès le premier jour, elle a sorti son agenda et m’a dit « alors tel jour je fais ça, ici je fais ça, là je fais ça… » et je choisissais en fonction de mes disponibilités et de mes envies, ce que j’allais voir/faire.

J’ai voulu donc toucher un petit peu à tout, alors j’ai choisi mes différentes demi journées de stage de façon à :

  • Assister à des opérations gynécologiques et obstétriquesau bloc opératoire
  • Assister à des consultations obstétriques
  • Assister à des consultations échographiques

1/ Le bloc opératoire :

Ce premier jour de stage commence donc par le versant chirurgie de cette spécialité. Première intervention : une césarienne. C’était également la première mise au monde que je voyais de mes propres yeux dans ma vie. J’étais complètement émerveillée. La maman a dû subir un accouchement par césarienne car son bébé devait naître depuis plusieurs jours, le terme était dépassé depuis quelques temps, mais aucun signe d’accouchement ne venait. Même les provocations par les traitements médicamenteux n’y faisaient rien. Les médecins ont donc décidé de programmer une césarienne. J’ai donc vu cette petite fille naître, le première visage qu’elle a vu en ouvrant ses petits yeux était le mien (j’étais en face de l’obstétricienne, et quand elle a sorti l’enfant, son visage était face à moi), j’étais complètement hystérique !

Comment se passe une césarienne (du moins, celle à laquelle j’ai assisté) :

Les médecins anesthésistes font une anesthésie localeen utilisant une grosse seringue et en piquant dans la colonne vertébrale de la maman (péridurale). Ainsi, celle ci était consciente et éveillée pendant la césarienne. Ensuite, la maman est allongée, et le travail de l’obstétricien peut commencer. Il entaille le bas du ventre de façon horizontale, puis, avec les mains, il « déchire » la peau du ventre pour accéder à l’utérus. On élargit l’entaille du ventre faite au bistouri à la main pour que la cicatrisation se fasse mieux, sans de trop grosses balafres. Ensuite, à l’aide du bistouri, on ouvre l’utérus. Le médecin a pris le temps de montrer les différentes parties de l’utérus, c’était spécial de le voir ainsi : très grand, remontant jusqu’au diaphragme à peu près. Ensuite, elle a été récupérer le bébé, coupé le cordon ombilical, et donné le bébé à la sage-femme qui était là. Celle-ci a approché l’enfant du visage de sa mère qui ne voyait rien de ce qu’il se passait grâce aux champs stériles placés entre sa tête et le reste de son corps. C’était émouvant. Ensuite, l’obstétricien a retiré le placenta, et avec la sage femme étudiante, nous avons fait des prélèvements au niveau de ce placenta qui serviront entre autre à savoir si le bébé n’a pas trop souffert de cette grossesse rallongée (ce qui n’avait pas l’air d’être le cas). Ensuite, l’obstétricien recout l’utérus puis la peau du bas ventre.

La suite de cette journée au bloc était rythmée de consultations aux urgences gynécologiques de femmes enceintes ou non d’ailleurs, puis la médecin m’a montrée une salle d’accouchement par voie basse, m’a expliquée comme cela se passait, puis m’a montrée des dossiers de patientes ainsi que des monitorings.

J’ai passé une autre matinée de stage au bloc opératoire. Cette fois ci, c’était de la chirurgie gynécologique (pas vraiment d’obstétrique), où j’ai pu assister à l’ablation d’une tumeur mammaire, à plusieurs IVG… et la médecin en charge de moi m’a initiée à la suture. On s’est mise dans un couloir, elle a été me chercher des compresses, des fils et des instruments nécessaires pour faire des points. Elle m’a expliqué la technique pour faire des points chirurgicaux et pour faire des points « classiques » de plaies quand on s’est ouvert (coucou les urgences). Mon objectif était de coudre entre elles deux compresses. Eh bien ce n’est pas si simple que ça ! Je tremblais, ce n’était pas très net ce que je faisais mais avec de l’entraînement, ça allait de mieux en mieux. Elle m’a ensuite donné ce kit de suture, avec d’autres fils tout neufs pour que je puisse continuer à m’entraîner chez moi. Génial !

2/ Les consultations obstétriques :

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Pour ceux et celles qui ne le savent pas, lorsque l’on est enceinte, il y a certaines visites médicales qui sont obligatoires pour bien suivre l’évolution du bébé. Il y a aussi des échographies obligatoires, mais qui se font, généralement, en dehors des consultations obstétriques.

Ces visites obligatoires et le suivi de grossesse sont généralement assurées par :

  • Les gynécologues obstétriciens ou
  • Les gynécologues médicaux ou
  • Les médecins généralistes ou
  • Les sages femmes

À savoir que, concernant le médecin généraliste et le gynécologue médical, à partir du 8eme mois de grossesse (ou avant si complications), ils passeront normalement le relai à un gynécologue obstétricien. Les sages femmes peuvent suivre toute la grossesse normale, elles font même les échographies et si la grossesse est ou devient pathologique, elles passent le relai à l’obstétricien.

J’ai donc assisté à une matinée entière de consultations obstétriques. Certaines femmes étaient à leur début de grossesse, d’autres vers la fin, certaines c’était leur premier enfant, d’autre le 4eme, pour certaines c’était l’événement le plus attendu de l’année pour d’autres leur grossesse avait été une grande surprise. J’ai pu voir de tout.

En fonction de l’avancée de la grossesse, les consultations obstétriques n’auront pas le même objectif. Dans les premiers mois par exemple, on propose à la maman de faire le dépistage de probabilité de trisomie pour le bébé qu’elle porte. Selon l’état immunitaire de la maman, elle aura une prise de sang à faire tous les mois pour vérifier qu’elle n’est pas en contact avec des éléments étrangers pouvant être nocifs pour le bébé. Lors de chaque consultation obstétrique, la médecin s’est chargée de poser plein de questions aux futures mamans concernant leur grossesse et leur état en général, elle faisait ensuite un examen clinique avec prise de poids/pouls/tension, puis elle palpait le ventre et quand la grossesse était bien avancée, on pouvait sentir le bébé à travers le ventre : j’ai pu sentir avec mes doigts des petits pieds, des petites fesses… Lors de ces consultations on mesure aussi la hauteur utérine, témoin de l’avancée normale de la grossesse.

Après quelques consultations, une fois que j’avais bien observé, j’ai pu moi-même faire l’examen clinique aux mamans, et leur faire un interrogatoire pour savoir comment se passait leur grossesse. J’ai appris quelques éléments administratifs relatifs à la grossesse et comment aborder les douleurs/nausées et autres petit désagrément pendant la grossesse (la liste des médicaments compatibles avec une grossesse étant très réduite…)

J’ai absolument adoré ce contact avec les mamans, et leurs futurs bébés que j’ai pu sentir de mes mains. J’ai beaucoup aimé cet aspect de la médecine, qui était, de loin, le plus joyeux que je n’avais jamais vu. Bien sûr, ce n’est pas toujours tout rose bien au contraire, mais quand tout se passe bien, c’est vraiment magnifique.

3/ Les échographies :

Comme dit précédemment, au cours de la grossesse,  il y a des échographies obligatoires donc tout femme enceinte se voit passer 3 échographies minimum (+ si il y a des soucis) :

  • La première échographie de grossesse, celle de datation (Entre la 10ème et 12ème semaine de grossesse): elle permet de dater la grossesse et de prédire une date probable d’accouchement.
  • Celle du 2ème trimestre (entre la 20ème et 22ème semaine) : elle permet de suivre la croissance du bébé, de détecter d’éventuelles anomalies et de déterminer le sexe du bébé (on arrive des fois à le savoir avant, des fois après…)
  • Celle du 3ème trimestre (entre la 30ème et la 32ème semaine) : dernière ligne droite avant l’accouchement, elle permet de contrôler une dernière fois la croissance du foetus, de vérifier sa position, si tout est « prêt » pour l’accouchement.

J’ai donc vu des échographies à tout stade de la grossesse : autant vous dire que celles du 3ème trimestre étaient celles où je comprenais le + ce que je voyais. La médecin qui faisait les échographies m’expliquaient les différents éléments que la sonde montrait, mais je dois avouer que c’était drôlement compliqué pour moi de bien visualiser et comprendre. On se lançait des fois, avec les mamans, des regards qui signifiaient « vous non plus vous ne voyez que des traits blancs/gris sur un fond noir ? ». Mais bon, j’étais quand même contente d’entendre les battements de coeur des bébés,et de voir la vie en image, grâce à ces échographies.

C’est ainsi que s’est terminé mon stage en gynécologie-obstétrique. Vous l’aurez donc compris, ce stage a été mon premier grand coup de coeur. J’ai beaucoup aimé ce domaine de la médecine car je l’ai trouvé énormément varié: chirurgie, médecine, échographies. Le contact médecin-patient, quand le patient est une femme enceinte était différent j’ai trouvé, et j’ai beaucoup apprécié. Les grossesses sont souvent (mais pas toujours) une source de joie pour les patientes, mais elles représentent aussi beaucoup d’angoisses et d’autant plus quand cela ne se passe pas comme prévu. Le rôle principal du gynécologue-obstétricien est de veiller sur les grossesses pathologiques, et quel bonheur quand elles sont menées à terme et que les bébés et les mamans sont en bonne santé. J’aimerais vraiment énormément retourner dans un service de gynécologie obstétrique.

NB : j’écris cet article pour raconter comment s’est passé cette immersion au sein de la gynécologie obstétrique pour moi, j’ai expliqué quelques petites notions que l’on m’a à moi-même expliqué mais cet article n’est pas dans le but de donner un cours ou quoi que ce soit à propos de la grossesse ou de la gynécologie, si vous voulez des informations plus précises, n’hésitez pas à contacter votre médecin ou sage femme.

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